Témoignages Chirurgie Homme

Le regard

Jack/, 57 ans, en couple, Formateur.
« Une heure sous anesthésie locale. Pour les paupières supérieures, on a incisé, retendu la peau et recousu. Pour les poches, on a incisé à l'intérieur de la paupière inférieure et retiré les glandes graisseuses. 5 jours après j'étais un homme neuf »

Jack/, 57 ans, en couple, Formateur.

Je savais bien que j'allais avoir les paupières «en casquette», parce que mon père les a. Le déclic est venu le jour où ma mère m'a demande : « Pourquoi tu me regardes méchamment?» Jai pris le miroir. Oui, j'avais une sale gueule ! Deux diagonales tombantes de part et d'autre du visage, ça donne l'air triste, abattu, malade. Un regard de cocker. Je me suis dit : « OK, je saute le pas ! » L'âge, je m'en fous. Pour moi, c'était une question de respect des autres, d'image de soi. Dans mon métier, le regard c'est très important. La seule peur que j avais, c'était de devenir un autre. Je sais bien qu'un tout petit truc peut faire basculer dans une autre vie. Je me demandais : « Est-ce que je vais m'habituer à ce nouveau mec, me reconnaître dans le regard des autres (qui, eux, vont s'habituer) ?» Bref, je l'ai fait cet hiver. Tout mon entourage a été convaincu. Surtout moi ! Une amie m'a dit: «Ton regard a changé, il est plus doux qu'avant. » Pile ce que je voulais !

Pourquoi ils se sont fait refaire ?

Dictature de l'apparence? Peur de vieillir ? Besoin de se sentir mieux dans leur peau, de nous plaire ? Quatre hommes ont osé nous raconter l'intervention esthétique qui a changé leur vie.

Par Marie-Claude Treglia. Photos Donja Pitsch

LA CALVITIE

« Cinq heures d'intervention sous anesthésie locale : deux heures et demie pour extraire les bulbes (4000 à 5 000 cheveux) en bas du crâne, deux heures et demie pour les réimplanter (en haut). Un pansement à la nuque pendant deux jours. Et un shampoing spécial tous les jours pendant six mois. »

LES FESSES

« Une heure sous anesthésie locale: on a incisé en trois endroits et injecté du "super" acide hyaluronique (type Macrolane) avec une très grosse aiguille. Ca fait très mal pendant deux jours, et on s'assied dix jours sur un coussin. Mais quel bien-être après ! »

Stéphane, 43 ans, célibataire, responsable d'une salle de sport.

J'ai toujours eu les fesses trop plates. Ça me faisait même des bleus quand je restais longtemps assis. Certes, il y a pire dans la vie (Rires.) mais depuis mes 35 ans j'y pensais... Sauf que, les prothèses, ça se voit ! Quand j'ai découvert qu'il y avait une autre technique, j'ai foncé. Je venais d'avoir 40 ans, j'avais mis de l'argent de côté. J'ai trouvé la bonne personne et je l'ai fait. Dans la foulée, je me suis occupé de mes dents : depuis deux ans je porte des appareils invisibles... Et enfin, l'hiver dernier, je suis passé aux cheveux. Mon père a perdu les siens dès 40 ans. Moi, j avais déjà une calvitie au sommet du crane. Mais j'ai vu tellement d'hommes avec des rangs de poireaux sur la tête : les implants à l'ancienne, par bandes... Là encore, j'ai attendu la bonne technique, la bonne personne. C'est fait et franchement, j'en suis content. Question budget, j'en suis à 11000 €. Le prix d'une voiture. (Rires.) Mais ça change tout, même le moral. Quelle joie de remplir les jeans, les maillots ! Et de ne plus tricher avec mes cheveux. Avant je devais faire un cran et rabattre la mèche du devant. Ce n'est pas pour les autres que je l'ai fait, c'est pour moi. Je sors beaucoup, je suis dans la séduction. J'ai envie que l'intérieur et l'extérieur correspondent. Il y a assez d'interdit comme ça. Ces techniques esthétiques, c'est une forme de liberté.

Les uns le disent et sont fiers de montrer le résultat. Les autres le font en douce et ne l'avoueraient pour rien au monde. Mais les adeptes masculins de médecine et de chirurgie esthétiques sont de plus en plus nombreux. « Lorsque je me suis installée comme médecin esthétique, il y a vingt-cinq ans, les hommes ne représentaient qu'environ 5 % de ma clientèle, constate la docteure Catherine de Goursac*. A l'heure actuelle, ils sont environ 20 % » Traitements au laser, injections…Même la chirurgie ne leur fait plus peur, que ce soit pour enlever du gras ou des rides ajouter des fesses, et même allonger ou épaissir le pénis « En trois ans, ma clientèle masculine est passée de 25 % à 50 %, constate également le docteur Hervé Brunet, dermatologue. Une majorité de 'métrosexuels", très soucieux de leur corps, mais pas seulement » La demande de ces messieurs est claire, changer sans métamorphoser. Sans excès. « Ça ne doit pas se voir », confirme le docteur Alain Butnaru. Mais de fait, la démarche est de plus en plus fréquente chez les hommes. Certains emmenés par leur femme. D'autres dans le secret absolu. Je suis parfois le seul à savoir... » Le chirurgien plasticien Olivier CLAUDE confirme : « La demande masculine a doublé. Poignées d'amour, paupières, liftings. Il s'agit essentiellement d'anti-âge » Et le docteur Seknadje conclut « Aujourd'hui il faut avoir l'air d'un jeune loup le plus longtemps possible. Nous sommes dans l'ère du paraître et du bienêtre. Ce n'est plus réserve aux femmes » Quatre hommes sans tabous ni complexes nous ont tout dit sur leur(s) intervention(s). Et tout montré.

Le sourire

« Trois séances d'injections d'acide hyaluronique pour les lèvres, sous anesthésie locale. Mes dents, elles, ont été limées puis recouvertes de « facettes » deux, trois heures sur le fauteuil. Mais elles sont réalignés et blanchies à vie. »

Thomas, 36 ans, célibataire, chasseur de têtes.

Depuis quelques années, ça sommeillait. J'avais des lèvres trop fines, qui ne correspondaient pas à mon tempérament très affirmé et sensuel. Ces interventions esthétiques, c'est une façon de s'approprier le pouvoir sur soi, sur son image. Mon travail, c'est la sélection. Je suis payé pour savoir l'importance des critères physiques ! Les lèvres, ça ne doit pas se voir de façon vulgaire, mais être souligné, sublimé. Je voulais un rendu « naturel » mais un degré au-dessus. Il faut y aller progressivement, ne pas ressortir avec des « bouées » ! Accepter les modifications progressives du visage. Pour moi, c'est une satisfaction énorme. Je suis plus beau ! Quand j'ai vu le résultat, j'ai eu envie de continuer, je suis passé aux dents. L'investissement est plus gros. Mais à vie. En tout, j'en suis presque à 9 000 € (8 000 pour les dents). Certes, c'est un luxe, mais dès l'instant que c'est décidé, ça devient une priorité : on fait passer certaines choses après.

A peu près tout.
« Pour ma peau, près de 20 ans de soins, en passant par toutes les techniques de pointe. Dont le laser depuis 2 ans, à raison d'une séance tout les 15 jours. C'est une vraie métamorphose. Pour moi, c'est la plus belle chose qui existe ! »

Michel, 58 ans, marié depuis douze ans, coursier.

C'était mon complexe depuis toujours : une peau massacrée par de vieilles cicatrices d'acné et de varicelle tardive. De vraies crevasses sur tout le visage, comme des trous de vérole. Mais je n'ai pas commencé par là. Ma première intervention a été une liposuccion. J'avais 40 ans, et 50 kg de trop. Dès la première opération, j'ai été convaincu. C'était la porte ouverte à la suite : dix-sept interventions en tout, pour de nouveau enlever du gras puis retendre la peau, et puis je suis passé au visage : les oreilles, les paupières, deux liftings. On m'appelle « Robocop » ! (Rires.) Mais, surtout, j'ai fait la rencontre de ma vie : la médecin esthétique qui s'occupe de ma peau depuis vingt ans. Grâce à elle, mes crevasses ont disparu peu à peu. Et j'en suis vraiment heureux. J'ai mis beaucoup d'argent dans tout ça. mais je ne regrette rien. J'avais besoin d'en finir avec mes vieux complexes. Ça vaut vraiment le coup d'être mieux dans sa peau ! Ça n'a pas de prix. Moi, ces médecins m'ont remis au monde.

Article paru dans Marie Claire / Juillet 2012 http://www.marieclaire.fr/

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